Ça goûte amer….

5 01 2013

Oui le pire repas que j’ai mangé goûtait ta mère… je suis désolé de te l’apprendre ainsi, c’était l’Action de grâce et je croyais que tout était pardonnable, pardonné… Depuis le premier jour où elle m’avait rencontré, je me disais simplement qu’elle me regardait d’un air avide, d’un air affamé, simplement pour mieux me dévorer. Au début, des yeux que je croyais inquisiteur, questionneur, approbateur. Ce soir-là je compris le contraire, comme obligé de me plier à la vie, obliger de me plier à ce que j’étais pour toi. Quelle erreur, remplacer le bonheur d’une soirée pour ta mère pour une vie avec toi! Il semble qu’on est maître de nos destins et que moi j’ai échoué, lamentablement. C’était l’Action de grâce tu étais là à mes cotés, sans un mot, ta mère me fit un signe, délicat de la tête simplement pour m’inviter à la suivre en haut. Dans mon innocence je la suivis, sans un bruit, au haut de l’escalier. C’est fou comme dans ta famille, rien ne se voit, personne ne remarque, on dirait que tout le monde s’en fou un peu, surtout ton père, les yeux rivés sur la copine de ton frère. Mes pas dans les escaliers sonnaient faux, chaque marche que je montais était une erreur de plus qui s’ajoutait à mon ardoise. L’impression de monter l’Everest sans en connaitre la satisfaction finale. J’arrivai dans cette pièce remplie de lumière, de plantes, d’un divan. La salle de lecture de ta mère. Je me demandais ce que je faisais là, sachant très bien ce qui allait se passer, ou en fin la raison, mais espérant toujours autre chose. Ta mère marchait de reculons pendant que j’avançais aussi de reculons. Elle fit tomber sa culotte le long de ses cuisses, releva sa jupe et s’effondra sur son divan de lecture, les jambes bien écartées. Je ne pouvais plus vraiment reculer, connaissant les talents manipulateur de ta mère et la situation de non-retour dans laquelle je me trouvais. Je n’avais qu’une chose à faire, m’agenouiller et prier pour que ce moment passe, le plus rapidement possible. Quitter pour un autre endroit dans ma tête, pour ce qu’on appelle notre « happy place ». C’est avec rigueur que je m’appliquai à ma tâche, en attendant de partir, attendant qu’elle vienne. Je ne peux pas vraiment dire ce qui c’est passé, comment ça c’est terminé, comment j’ai pu redescendre vous retrouvez sans me faire questionner, sans que ça ne paraisse. C’est quand même le pire repas de l’Action de grâce que j’ai eu de ma vie. Je voulais juste t’en parler, te l’écrire pour enfin m’en libérer et espérant effacer ce moment de ma vie.

Sujet : Le plus mauvais repas de l’Action de grâce


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Une réponse

23 01 2013
Francine

Cette fois je dirai  »sans commentaire » fiou

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